samedi 31 mai 2008

De quoi meurent les gens perdus dans la nature ?

Ils meurent de honte.

Un chef d'entreprise (Anthony Hopkins) et deux employés (Alec Baldwin et Harold Perrineau) survivent à un crash d'avion. Youpi. Sauf qu'ils se retrouvent au beau milieu des montagnes, dans une forêt infinie, perdus, seuls, sans moyen de contacter les secours. Zut. Et ils sont poursuivis par un ours mangeur d'homme. Re-Zut. C'est le pitch du film The Edge (A couteaux tirés), écrit et réalisé par David Mammet, que j'ai revu il y a peu. Tandis que les deux employés commencent à paniquer, le vieux et sage patron, Charles, se tourne vers eux et leur dit :

Charles : "J'ai lu un jour un livre intéressant qui disait que... en fait, la plupart des gens qui se perdent dans la nature, ils... ils meurent de honte.
Stephen : Quoi ?
Charles : Oui, vous voyez, ils meurent de honte. "Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Comment j'ai pu être assez bête pour me fourrer là-dedans ?" Et donc ils restent là et... ils meurent. Parce qu'ils ne font pas la seule chose qui pourrait leur sauver la vie.
Stephen : Quelle chose, Charles ?
Charles : Refléchir."

Combien de fois ai-je pris des décisions hâtives qui n'ont fait que m'enfoncer au lieu d'écouter ce sage conseil ? On ne m'y reprendra plus !!

De L'Audace ! Delanoë copie une série américaine pour réhabiliter le libéralisme

Non, bien sûr que non : je ne pense pas que notre Maire Delanoë se soit vraiment inspiré d'une série pour écrire son livre "De l'Audace" et renouer avec le libéralisme. Toutefois, une partie des choses que je l'ai entendu dire au cours d'interviews, j'ai eu le vague sentiment de l'avoir entendu ailleurs. Mais où ?

Et ça m'est revenu. The West Wing, alias A La Maison Blanche, la série américaine créée par Aaron Sorkin qui traite du quotidien d'un présient démocrate (Martin Sheen) entouré de ses perspicaces collaborateurs. Une de mes séries favorites au demeurant, parce que rapide, intelligente, bien écrite / jouée / réalisée. Et justement, je me suis souvenu d'un épisode de la saison 7, la dernière, où deux candidats de bord différent s'affrontent lors d'un des fameux débats télévisés de la campagne présidentielle. Matt Santos (Jimmy Smitts), candidat démocrate, défend face à Arnold Vinick (Alan Alda), candidat républicain, une position qui rappelle beaucoup celle de notre Delanoë national. Voici donc la traduction (personnelle et imparfaite) d'un passage de leur échange (trouvé en intégralité ici en anglais).

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La Jungle urbaine - photo sans trucage

J'ai pris cette photo (cliquer pour agrandir) sans aucun trucage, si ce n'est un long temps d'exposition puisque c'était là nuit. Incroyable, non ? On dirait un buildling qui aurait poussé dans la jungle.

C'est l'immeuble qui se trouve juste en face de chez moi et qui n'a jamais cessé de ma fasciner.

D'abord, parce que de là où je le vois, il semble gigantesque. On entend souvent que la perception des tailles est très relative, ce qui explique d'ailleurs certaines illusions d'optique (dont celle liée à la taille apparente de la lune par exemple). Je crois que c'est précisément ce phénomène qui se produit de mon balcon : cet immeuble est la seule "grosse masse" présente à mon horizon ; pas d'autres tours, pas d'autre gratte-ciel qui permettrait à mon oeil (et à mon cerveau) de faire une comparaison. De là, un seul building qui semble écraser le paysage.

Mais je l'aime bien parce que je le trouve vivant. Les fenêtres ne sont jamais allumées de la même façon ; ça fait des dessins. Et à Noël, avec les décorations, ça fait un gros sapin.

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vendredi 30 mai 2008

Films et rêves éveillés

"Je crois qu'un film doit être précédé d'un rêve, soit d'un véritable rêve dont on se souvient au réveil, soit d'un rêve éveillé.

Ne généralisons pas, ce n'est sûrement pas valable pour tous les films. Beaucoup de films n'ont pas besoin de rêve : ils résultent d'un calcul, ce sont des investissements dont le type n'est pas émotionnel, mais financier. Mais je ne parle pas de ceux là. Je parle des films qui ont une âme, dont on voit qu'ils ont un centre, des films dont il émane une identité. Tous ont été "rêvés", j'en suis sûr."

Extrait de La Vérité des images, de Wim Wenders (L'Arche).

C'est une idée dont je suis persuadé aussi. Beaucoup du travail de réécriture consiste - chez moi - à retrouver l'idée maîtresse que j'avais eue lors d'un rêve éveillé ; idée qui souvent se perd ou se dilue dans les premières phases d'écriture. Tenter de retrouver le coeur du film qui avait déclenché une réaction physique lorsqu'on y avait pensé la première fois. (Souvent tandis que je parle tout seul en marchant dans la rue en ce qui me concerne.)

La Chaussure et l'araignée

Une courte nouvelle...

Certaines choses sont tellement personnelles qu’il est difficile d’en parler sans craindre de passer pour un idiot ou un fou. Mais elles sont aussi trop importantes pour se résoudre à les taire complètement. Alors voilà.

J’ai tué une araignée hier soir.

Elle n’était pas très grande mais elle était noire, avec de grosses pattes.

Ca n’est pas vraiment dans mes habitudes de tuer les insectes. Normalement, je m’arrange toujours pour les mettre dehors sans leur faire de mal : je les piège entre un verre retourné et une feuille de papier plastifié, un menu par exemple, et je les repose sur le trottoir ou dans le jardin. Ce qui leur arrive à partir de là n’est plus de mon ressort : chacun est responsable de sa survie.

Mais là c’était différent.

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Les Tigres

Les deux premiers (courts) chapitres d'un texte sur lequel je travaille en ce moment.

1.

Cessez de croire que j’ai peur, que je m’ennuie ou que je suis triste. Il me faut en réalité très peu d’énergie pour me composer un visage avenant, mais je mets cette énergie-là à profit pour des desseins bien plus importants.

Je suis un génie du crime.

C’est aussi simple que ça. Ainsi, lorsqu’en passant vous me voyez assis sur un banc, sur un tabouret, à un bar, les sourcils froncés, la bouche hermétiquement fermée, le regard perdu dans le vague avec un air d’être au bord du suicide, sachez que je suis en fait en train d’échafauder dans ma tête des plans d’une telle complexité, d’une telle finesse, que le simple fait d’y songer requiert une énergie qui ne laisse plus de place à la courtoisie.

C’est vrai que je sourie peu. On me le dit souvent. C’est parce que je réfléchis sans cesse.

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La Déconstruction (Extrait)

Extrait d'un texte que j'ai écrit il y a deux ou trois ans. Pas fini.

1.

Auriez-vous l’heure monsieur ? Mon cœur s’est arrêté.

Excusez l’insistance de mon regard, mais je croyais vous connaître. La forme de vos yeux me disait quelque chose. Onze heures et demi ? Déjà.

Excusez-moi monsieur, puis-je vous demander du feu ? Mon briquet n’a plus de gaz. Mais si, regardez : vous avez un mégot dans votre main, cela suffira. C’est pour mon cigare. Je vous remercie. Etes-vous homosexuel? Non ? Il y a quelque chose d’étrange dans la façon dont vous me regardez monsieur. Alors j’avais imaginé que peut-être… Tenez, je vous rends votre mégot. Merci Monsieur.

Vous partez? Vous faites donc semblant de ne pas me connaître ? Vous me suivez depuis presque une heure. Oui, je l’ai vu. C’est pour cela que je vous ai abordé. Mais je ne vous ai pas menti monsieur, regardez : la trotteuse s’est figée.

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jeudi 29 mai 2008

Lundi Matin - naissance d'un court-métrage

Il faut quand même que je vous dise un ou deux mots de "Lundi Matin" parce que c'est important. Et je risque d'en reparler dans le suite.

Lundi matin, c'est un scénario de court-métrage que j'écris depuis plus d'un an et que je souhaite faire produire. Pour l'instant, tous les films que j'ai tournés étaient soit auto-produits ( intéressants mais sans un sou), soit des films de commande (avec de l'argent mais sans intérêt). Pour celui-ci, j'ai voulu prendre un chemin plus professionnel. Et c'est en bonne route, même si on en est qu'au début. Il y a environ 535 étapes entre la naissance de l'idée d'un film et son aboutissement. Et je dois avouer - non sans une certaine fierté - que je crois bien en être à l'étape 7 ou 8. Et l'étape 9 s'annonce bien. (Quant à l'étape 10, personne n'a pu me dire ce que c'était mais je ne perds pas espoir.)

L'idée du film m'est venue un soir en regardant la télé. Ca m'arrive souvent, ça, de regarder la télé d'un oeil en réflechissant à autre chose. Comme si je regardais par la fenêtre d'un train en marche. J'ai pris quelques notes dans mon ordinateur, j'ai laissé reposer quelques semaines et, un jour, en quelques heures, j'ai écrit la première version du film. Et là, plutôt que d'appeler quelques potes pour le tourner sans argent en un week-end, j'ai choisi de passer à la vitesse supérieure. Ca n'est peut-être pas une très bonne expression puisque la "vitesse supérieure" se trouve être dix à douze fois plus lente que la vitesse normale. Mais elle produit des résultats de meilleure qualité. Enfin on espère...

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samedi 24 mai 2008

La double notion d'inconscient dans l'oeuvre d'Ingmar Bergman

Aujourd'hui je suis allé voir Indiana Jones.

Un peu déçu. L'Arche Maudit et La Dernière Croisade avaient bercé mon enfance et mon adolescence, mais ce quatrième volet, et bien... Il y a tous les ingrédients du bon Indiana mais il semble manquer quelque chose. Le film n'a pas d'âme. J'ai trouvé le Mac Guffin et les intrigues familiales peu convaincant et un peu hors de propos si bien qu'à la fin du film (au "climax") je ne suivais plus que d'un oeil.

En fait, je me demande comment j'aurais perçu le film si j'avais encore treize ans.

Note pour plus tard : il faut que j'arrête de choisir des titres pompeux qui n'ont aucun rapport juste parce que j'ai honte d'aller voir un blockbuster.

jeudi 22 mai 2008

Un mégot sous la pluie

Aujourd’hui j’ai jeté un cigarette à peine fumée sur la chaussée devant chez moi. Malgré la pluie, elle est restée incandescente un long moment. Elle s’est éteinte, brièvement rallumée (quel suspens !) puis ce fut la fin.

Je rappelle à mes potentiels lecteurs que ce billet fait partie de la rubrique "juste rien du tout", et que si ce genre de considérations vous emmerde, je ne peux que vous encourager à sauter cette section à l'avenir.

Ras-le-bol ! (les nouvelles technologies nous facilitent la vie, tu parles !)

Quatre heures trente-six du matin, mais j'en vois le bout.

Ca fait deux jours (ou plutôt deux nuits) que je passe à refaire mon site. C'est la troisième fois que je refais tout mais cette fois, c'est promis : on ne m'y reprendra plus. C'est en voyant ce blog, que j'ai trouvé très clair, lumineux, avenant, que je me suis rendu compte à quel point le mien était triste ténébreux et chiant. D'ailleurs, comme vous pouvez le voir, j'ai bien copié. Mais maintenant, je suis vraiment content. Ca va être beaucoup plus facile pour moi d'ajouter des choses. Et plus facile pour les visiteurs de laisser des commentaires. Espérons que tout cela va m'encourager à écrire plus souvent. En tous cas, c'est bien parti.

Le plus dur a été de trouver un système pour que mes films, textes et dessins soient à portée de click. (Puisque c'est quand même -ne l'oublions pas- le premier objectif de mon site.) Mais j'ai trouvé un moyen dont je suis satisfait : le petit menu à droite. En tous cas, ça ira pour l'instant.

Cela dit, si je fais tout ça, c'est parce qu'au tréfond de moi, je pense que ça n'est pas QUE du temps perdu. Souvent, l'outil fait l'ouvrier, l'occasion fait le larron, (mais l'habit ne fait jamais le moine), et savoir que mon site est clair et facile à compléter va sûrement m'encourager à y écrire d'avantage, à en faire une sorte de "journal de bord". Ca ne serait pas idiot. On oublie tout, tout, tellement vite.

C'est le Bon Dieu qui les a mis là

Je mangeais un sandwich sur un banc du square Cluny. Je me souviens que, quelques semaines plus tôt, j'y avais vu un panneau qui disait "Si vous aimez les pigeons, ne les nourrissez pas". Et ce jour-là, sur le banc d'à côté, il y avait une petite mamie qui leur jetait des miettes de pain en parlant toute seule.

"Ne les nourrissez pas, ne les nourrissez pas ! Mais il faut bien qu'ils mangent ! C'est le bon Dieu qui les a mis là ! C'est le bon Dieu qui les a mis là... Ils n'ont pas de maladie ! C'est pas vrai, ça ! C'est pas la maladie qui les tue ! Bon Dieu, quelles indifférence... Tout ça..."

A ce moment, un petit couple qui mangeait sur un autre banc tapa du pied pour éloigner des pigeons insistants. La petite mamie commença par ne rien dire. Puis, après un moment:

"Terrorisés ! Ils sont Terrorisés..."

Je notais dans mon carnet à mesure qu'elle parlait pour ne pas en perdre une miette. Si elle savait ! Le plus gros pigeon qu'elle nourrissait était assis sur le banc d'à côté...

Quelqu'un aurait un chargeur Nokia ?

Quand je branche mon portable, il se recharge en à peine dix minutes. Alors de deux choses l'une : soit ma batterie est très performante, soit je n'ai pas d'amis.